Écrits d’art brut
À partir de 1945, Jean Dubuffet porte son attention sur des peintures, dessins, sculptures, broderies ou pages manuscrites, réalisés par des autodidactes en marge du champ culturel. Si l’artiste français regroupe alors l’ensemble de ses découvertes sous le vocable d’« art brut », les écrits en constituent d’emblée un corpus bien particulier. Nés pour la plupart au sein d’institutions psychiatriques, ils ont été conservés dans les dossiers médicaux et envisagés non pas en tant qu’oeuvres, mais comme supports de diagnostic.
Ces productions hétérogènes et singulières, souvent conçues avec des matériaux de fortune, se distinguent par leur inventivité et leur irrévérence face aux normes en matière lexicale, syntaxique ou orthographique.
En 1979, Michel Thévoz, premier directeur de la Collection de l’Art Brut à Lausanne, leur consacre une exposition, qui est accompagnée de son ouvrage de référence Écrits bruts, les sortant définitivement de la clandestinité à laquelle elles étaient condamnées. Autrefois signes d’inadaptation ou de déviance sociale, ces travaux sont désormais considérés comme des créations à part entière.
Au gré d’une sélection d’œuvres issues du fonds de la Collection de l’Art Brut, dont plusieurs encore jamais présentées au public, cette exposition présentée à la Fondation Jan Michalski invite à parcourir la diversité des écrits d’auteur·rices suisses d’art brut, poètes de l’ombre, parmi lesquel·les Aloïse Corbaz (1886–1964), Joseph Heuer (1827–1914), Eugénie Nogarède (1882–1951), Pascal Vonlanthen (1957*) et Adolf Wölfli (1864–1930). Parfois illisibles, inventées, à l’occasion entremêlées de dessins, ces graphies à l’expressivité tant formelle que poétique tracent un territoire de pouvoir e
L’exposition en lien avec Art Brut en Suisse. Des origines de la collection à aujourd’hui, du 28 février au 27 septembre 2026.
Mardi à vendredi: 14h – 18h
Samedi et dimanche: 11h – 18h