À l’abordage
Pourquoi l’âge d’or de la piraterie (1690-1725), une période faite d’exactions abominables, est-elle devenue, au cours du temps, le sujet de nombreux romans ? L’exposition annuelle de la Maison des Écrivains de la Mer tente d’y répondre.
Nous présenterons la cartographie des principaux lieux de piraterie dans le monde et à travers le temps. Des biographies de pirates et de femmes pirates qui préciseront pourquoi ces hommes et ces femmes ont-ils décidé d’être en rupture avec la société de leur époque ? Nous nous focaliserons sur l’histoire du drapeau noir et sur l’institution d’une forme de démocratie dans l’organisation de la société des pirates dans les îles Caraïbes et ce, bien avant les philosophes des Lumières. Nous nous intéresserons à ‘’Libertaria’’ une société pirate utopique ainsi qu’à la guerre psychologique qu’ils pratiquaient pour capturer les galions espagnols. Faire peur leur économisait de la poudre et des vies. S’ils abordaient un vaisseaux c’était autant pour s’enrichir que pratiquer une capture sélective et ainsi renforcer leur équipage avec des marins aguerris, rendus libres et bénéficiant d’un meilleur traitement. Nous nous intéresserons également à leur nourriture et à leurs supposés ou réels butins qui firent et font encore rêver. Enfin, avec plus de deux-cents films, quel archétype du pirate le cinéma nous renvoie-t-il ? Est-ce le bon ?
Historiquement, la connaissance de cette époque est nourrie par les écrits de témoins oculaires comme Le français Alexandre-Olivier Oexmelin qui publie dès 1678 son livre : Histoires d’aventuriers qui se sont signalés dans les Indes. Il a fréquenté le repaire de l’île de la tortue et fut chirurgien de bord auprès du célèbre pirate Henry Morgan.
En 1724 Daniel Defoe alias Capitaine Johnson dans son Histoire générale des pirates dresse trente-quatre portraits de pirates célèbres. Entrent ainsi en scène Morgan, Barbe noire, le vendéen ‘’Nau l’olonnois’’, les femmes pirates Mary Read et Anne Bonny, pour ne citer qu’eux. Il y consacre même un chapitre sur Libertaria, la république utopique ‘’Pirate’’ au nord de Madagascar. Dès 1734 Alain René Le sage publie ‘’Les aventures de Beauchesne capitaine de la Flibuste’’. Il devient l’auteur du premier roman moderne de piraterie.
Tout au long du XIXème, les romantiques se sont essayés avec des fortunes diverses aux récits dits ‘’pirates’’, citons Balzac, Eugène Sue, Georges Sand, Walter Scott, Edgar Poe et James Fenimore Cooper. Mais il faut attendre que Stevenson publie son roman ‘’l’île au trésor’’ en 1883 pour que la mythologie s’installe et impacte définitivement les publications romanesques. Dès sa parution, cette ‘’île flottante’’ va faire le tour du monde. Le livre nourrit, encore de nos jours, l’imagination de jeunes lecteurs du monde entier.