Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Fête du livre dans tous les sens du terme – mais surtout de celui qui sort des sentiers balisés – accessible à tous, la réunion bisannuelle de cet automne est la douzième du genre. Le Marché du Livre s’installe pendant trois jours au Musée royal de Mariemont, au cœur du magnifique parc à l’anglaise, dans les murs de ce musée polymorphe où la porcelaine de Tournai côtoie l’art de l’Égypte ancienne et où le livre occupe une place toute particulière.
La bibliothèque scientifique, la Réserve précieuse et l’Atelier du Livre font vivre le livre sous ces différentes facettes. De la découverte de trésors bibliophiliques à la création de reliures et de livres contemporains, le Marché du Livre ne pouvait qu’y trouver sa place !

 

Invité de marque de cette douzième édition, Paul Cox nous entraînera dans son univers ludique et graphique en nous invitant à découvrir le musée et son parc avec un regard neuf.

Une attention particulière aux liens entre petits et grands lecteurs permet d’y passer le week-end en famille.

Création contemporaine et petite édition

Les livres qui envahissent le musée le temps d’un week-end sont ceux qui échappent aux circuits habituels de l’édition. Ils se présentent sous leurs multiples facettes : créations littéraires, microéditions, livres d’artistes, ou livres-objets…

Le public qui s’y rend – 5000 personnes lors de l’édition précédente – est tout aussi diversifié : familles, amateurs de livres, collectionneurs et simples curieux s’y côtoient dans une ambiance conviviale et de qualité.

La manifestation est plurielle et gratuite. Sa programmation est multiple (à télécharger ici): conférences, lectures, rencontres, visites guidées, ateliers et animations pour les plus jeunes.

Les échanges entre l’art et la littérature, entre un savoir-faire traditionnel et la création actuelle, entre l’ancien et le contemporain, sont mis au premier plan de cette manifestation unique en Communauté française de Belgique et même au-delà, si l’on en juge la palette d’exposants venus d’ici et ailleurs. Ils sont une quarantaine à vendre leurs livres, expliquer leur métier, détailler leur passion, susciter un intérêt, un déclic parfois.

Qu’ils soient éditeurs, graveurs, illustrateurs, relieurs, poètes, écrivains ou plasticiens, ils sont tous amoureux du livre à leur façon et accompagnent le visiteur à faire un pas plus loin.

À n’en pas douter, une édition riche en découvertes et en rencontres se prépare activement !

Comité organisateur : Nadia Corazzini, Delphine Gering,Charlotte Guisset, Sofiane Laghouati, Jacques Lanotte, Anne Leloup et Anne-Françoise Rasseaux

Informations pratiques :

Musée royal de Mariemont
Chaussée de Mariemont, 100
7140 Morlanwelz
Belgique

Téléphone : + 32 (0)64 21 21 93
Fax : + 32 (0)64 26 29 24
Courriel : info(at)musee-mariemont.be

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écrivain commissaire – Journée d’études des RIMELL  – 11 mai 2019 – Bruxelles (BOZAR)

L’écri(c) Abel Poucet vain commissaire

Le 11 mai 2019 à BOZAR – Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles – de 9h30 à 17h30

Journée d’études sous la direction de :

Julie Bawin (Université de Liège), Sofiane Laghouati (Musée Royal de Mariemont & UCL), David Martens (KU Leuven – MDRN).

Avec : Marie Darrieussecq, Caroline Lamarche, Emmanuelle Lambert, Jean-Benoît Puech, Camille de Toledo et Dominique de Font-Réault.

 

Les vidéos de cette rencontre sont disponibles sur notre chaîne Youtube et notre site.

 

Argumentaire

Depuis plusieurs décennies, le monde de l’art est animé par une dynamique consistant à confier aux artistes le rôle de commissaires. On assiste en effet, depuis les années 1960, à un brouillage, non seulement des fonctions auctoriales, mais également des fonctions de l’exposition : d’un côté les commissariats sont confiés à des personnalités qui « signent » voire labellisent leurs expositions ; de l’autre les expositions, subsumant ou non plusieurs œuvres, changent également de statut en prenant valeur d’œuvre d’art totale. Ce relatif brouillage des fonctions conjugue des finalités diverses, allant de l’autopromotion de l’artiste à la pratique appropriationniste.

Bien que les rapports des écrivains avec l’art (Diderot et les Salons au XVIIIe s.) et les institutions muséales soient relativement anciens (Paul Valéry et le projet de Musée de la littérature pour l’exposition internationale de 1937), ces derniers semblent particulièrement sollicités ces deux dernières décennies. D’Alain Robbe-Grillet au Kunstmuseum de Bergen en Norvège à Umberto Eco, Jean-Philippe Toussaint et Philippe Djian au Louvre en passant par Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, Jean-Benoît Puech à Paris et à l’Université de Bourgogne ou encore Christine Angot au Musée Delacroix, on ne compte plus les projets consistant à demander à des écrivains de porter un regard neuf sur les collections d’un musée ou à mettre en scène leur univers intime, littéraire et, parfois aussi, artistique, jusqu’au Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk, inauguré à Istanbul en 2012.

Si l’on ne peut ignorer le rôle que jouent, dans cette « vogue », les liens féconds entre art et littérature (incarnés notamment par des artistes comme Sophie Calle ou Edouard Levé), ni omettre l’intérêt croissant que les musées et lieux d’exposition manifestent pour les expositions littéraires, d’autres facteurs permettent d’expliquer l’essor de ce qui apparaît clairement comme une nouvelle figure curatoriale. Étroitement liée au succès des expositions confiées à des artistes plasticiens, cette mode pour les expositions d’écrivains est assurément à mettre sur le compte d’une politique muséale désireuse d’offrir au public de nouvelles et inédites lectures sur le patrimoine.

La notoriété d’une figure publique joue à plein dans la plupart de ces invitations (le fameux name dropping), mais il n’en reste pas moins que ces projets sont investis par les écrivains en fonction d’enjeux propres à leurs champs de compétence et à leurs impératifs respectifs. Ce principe suppose que les écrivains sont perçus, et par conséquent accueillis sur la base de la nature particulière de leur reconnaissance ou de leurs compétences propres. En conséquence, il s’agit de se demander comment cette présence au monde muséal et de l’art est négociée et traitée, par les écrivains aussi bien que par leurs hôtes, et comment aussi elle est reçue et perçue par le public.

Foncièrement, la confluence de ces deux domaines génère une gamme d’orientations possibles qui peuvent donner lieu à des réalisations variées dont il serait opportun d’esquisser les frontières. De l’investissement du monde artistique et des collections muséales ou du monde littéraire, il y a ceux qui sont sollicités pour des projets relatifs à leurs œuvres (littéraires ou plastiques), ceux qui sont invités à opérer un choix au sein de collections muséales, et parfois à faire de l’exposition une œuvre à part entière, dont il conviendra d’étudier la nature et les enjeux. De même, une exposition organisée par un écrivain dans un contexte muséal implique nécessairement un « cadrage » particulier, et par conséquent des compromis, des choix « orientés » et conditionnés.

De Valéry à Houellebecq, quels sont les principaux jalons de cette pratique sur un plan historique ? Quels lieux sollicitent des écrivains ? À quelles fins particulières ? Quelles différences présentent-elles avec les expositions confiées à des artistes plasticiens ? Comment les écrivains négocient-ils leur posture, et plus largement le rapport à leur œuvre, au sein de cet environnement quelque peu étranger à la littérature ? Essaient-ils de rapprocher leur démarche de leur œuvre ou, au contraire, l’en démarquent-ils ? Pourquoi, et selon quels moyens ? Ce sont ces questions, et bien d’autres, qui seront traitées à l’occasion de cette rencontre à l’occasion de laquelle des universitaires échangeront avec des écrivains qui ont connu des expériences de commissaires, ainsi que des conservateurs et directeurs de lieux d’exposition.

 

Programme

9h30 – Julie Bawin, Sofiane Laghouati & David Martens – Introduction

10h – Marie Darrieussecq : « Paula Modersohn Becker, cette ex-inconnue »

Répondant : Laurent Demoulin

10h45 – Pause

11h – Emmanuelle Lambert : « Apparaître, scintiller et comme renaître »

Répondant : David Martens

12h – Repas

13h30 – Dominique de Font-Réault (Musée du Louvre) : « Christine Angot invitée au musée Delacroix. Écriture de soi, écriture de l’autre »

Répondante : Marie-Clémence Régnier

14h15 – Jean-Benoît Puech : « Deux commissaires pour B. Jordane »

Répondant : Jan Baetens

15h00 – Pause

15h15 – Camille de Toledo : « Extension du domaine de l’écriture » 

Répondante : Magali Nachtergael

16h – Caroline Lamarche : « Lisières »

Répondant : Sofiane Laghouati

16h45 – Conclusion

Publication

La journée donnera lieu à la publication d’un livre. Coordonné par les trois organisateurs de la rencontre, le livre se présentera comme un ouvrage mixte entre « l’essai académique » et le « documentaire », rassemblant les différentes pistes explorées et les différents propos tenus par les uns et les autres à l’occasion de cette journée.

 

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Ouvertures graphiques : artistes et pratiques émergentes avec Jan Baetens

Journée d’étude, Mercredi 20 avril 2022 de 10h à 16h30

Grand auditorium du Musée royal de Mariemont

Longtemps considérés comme des « arts mineurs », les « arts graphiques » connaissent un regain d’intérêt tant auprès des spécialistes que du grand public. Cette appellation générique recouvre mal des usages aussi diverses que le dessin, la peinture, la gravure, la photographie, la typographie, le graphisme… Or depuis les marges de genres dits « dominants », entre le papier et l’écran, une constellation d’artistes, de structures de diffusion et d’édition s’animent et interrogent notre rapport aux matérialités du livre, du texte et de l’image dans leurs métamorphoses contemporaines.

Pour appréhender la diversité de ces expériences graphiques, qu’elles soient établies, peu connues ou émergentes, L’Atelier du livre de Mariemont a l’honneur de pouvoir compter sur la complicité d’un interlocuteur de choix : Jan Baetens.

Chercheur et spécialiste des rapports texte-image, fin connaisseur des médias alternatifs, des genres que l’on dit « mineurs » − comme le roman-photo, la bande-dessinée, le roman graphique ou l’adaptation (novellisation) dont il est le théoricien −, Jan Baetens est également un éditeur, un essayiste, un écrivain, un poète passionné et un lecteur passionnant dont la mission est de déciller notre regard.

Avec les interventions de :

  1. Jan Baetens, professeur d’études culturelles à la KU Leuven : Récits graphiques, continuités et nouvelles tendances
  2. Benoît Crucifix, chercheur postdoctorant à l’Université de Gand au sein du projet ERC « Children in comics. An intercultural history from 1865 to today » : Chassés croisés entre bandes dessinées et album illustré ;
  3. Vincianne D’Anna, maître-assistante en français, en communication et en communication numérique à la Haute École Charlemagne (Liège) : L’Univers numérique des livres jeunesse : création, diffusion et évolution ;
  4. Philippe Capart, libraire-éditeur du magasin-magazine La Crypte Tonique et cofondateur du concept BLOW BOOK : Le projet éditorial BLOW BOOK ;
  5. Dominique Goblet, plasticienne et autrice de bandes dessinées expérimentales : Art de la narration, dialogue entre Peinture et Bande dessinée.
  6. Conclusion par Jan Baetens

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Livre – Exposer le livre (regards croisés)

Anne-Françoise Rasseaux (éd.), Exposer le livre (Regards croisés), Morlanwelz, Atelier du livre de Mariemont, 2021, 108 p.

« Exposer le livre n’est-il pas un geste contre-nature? En tant qu’objet et support de contenus, n’est-il pas intuitivement associé au touché et à la manipulation? Exposer le livre, c’est faire des choix séquentiels au service d’un propos. C’est laisser l’imaginaire du visiteur investir le vide de ce qui n’est pas montré. » (Quatrième de couverture)

La publication est le fruit de la journée d’étude interdisciplinaire organisée en novembre 2019 par l’Atelier du livre au Musée royal de Mariemont en Belgique. Comme l’indique le sous-titre, « regards croisés », l’ouvrage mêle témoignages et réflexions de praticien.ne.s du livre. La part belle est faite aux artistes qui jouent avec les matières des livres et leur monstration (Isabelle Francis) ou préférèrent, à l’instar de Didier Decoux et Bruno Goosse, prolonger le dialogue de vive-voix par un échange page à page et à « deux paires de mains » sur ce qu’exposer le livre engage pour chacun. Pour scénographier des invitations à la lecture, Gilles Dewalque nous propose une suite d’images sans texte montrant le fruit de ses collaborations avec différents collectifs ou artistes œuvrant dans le secteur de la publication destinée à la jeunesses (de Pittau à Gervais, José Parrondo, Mélanie Rutten, Cuistax). Enfin, ce sont différentes actrices du secteur public belge qui, en fonction de leurs missions de médiation (Brigitte Van den Bossche), de conservation (Tatiana Gersten) de recherche et d’exposition (Géraldine David), appréhendent la notion d’« exposition » sous des acceptions plurielles.

Coordonné par Anne-Françoise Rasseaux, historienne de l’art et médiatrice qui réalise également l’introduction (entrer) et la conclusion (sortir, poursuivre), l’ensemble du volume est richement documenté par les différent.e.s intervenant.e.s. Il bénéficie en outre de la conception graphique de Deborah Robbiano qui a pris le soin de souligner, en couleurs et respirations dans l’espace du livre, que le premier lieu d’exposition pour le livre est le livre lui-même.

Sofiane Laghouati pour les RIMELL

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire

Marché du Livre de Mariemont – 12e Salon de la petite édition et de la création littéraire