Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

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Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums, 2020) est d’ailleurs particulièrement visible lorsque la maison se fait le support du geste d’écriture, que ses murs ou ses jardins s’ornent de citations ou de texte originaux. On pourra s’intéresser à ces florilèges ainsi qu’aux formes littéraires du cabinet de curiosité et du reliquaire, ou encore aux gestes qui permettent de conférer un cachet littéraire à une bibliothèque, un salon, un bureau, mais également un cabanon, des combles, une résidence ou une chambre d’hôtel, voire à des espaces plus réduits ou mobiles à l’instar du musée portatif ou de la boîte-en-valise de Marcel Duchamp.

D’ailleurs, certains écrivains travaillent dans une pièce hybride héritée du « territoire enchanté » des romanciers anglais du dix-neuvième siècle (« enchanted ground » voir Nicola Watson), entre cabinet de travail et espace muséal, comme le célèbre cabinet de Sigmund Freud à Vienne ou l’atelier d’André Breton à Paris. Ces deux pièces ont d’ailleurs ensuite été préservées, sous forme de maison-musée, le Freud Museum dans le Grand-Londres, et de « Mur Breton » au Centre Pompidou. Les contributions qui s’attacheront à analyser les façons, anciennes ou contemporaines, dont les écrivains habitent leur maison lorsque celle-ci tend à se faire musée, de leur vivant, surtout lorsque les objets qu’accumulent ces écrivains-commissaires de leur propre ego-musée sont intimement liés à leur activité d’écriture sont bienvenues.

Les chapitres de cet ouvrage collectif, écrits en français ou en anglais, exploreront la façon dont la littérature d’intérieur influence, informe et transforme nos pratiques quotidiennes, selon les pistes ouvertes ci-dessus de façon non exhaustive, en Europe comme dans le reste du monde du moyen-âge à nos jours. Les approches théoriques, comparatistes et diachroniques sont bienvenues, tout comme les études de cas.

Les propositions (500 mots maximum) sont à envoyer avant le vendredi 15 octobre 2021 accompagnées d’une courte bio-bibliographie aux trois adresses suivantes :

Anne Chassagnol (Université Paris 8) : anne.chassagnol@univ-paris8.fr

Sylvie Kleiman-Lafon (Université Paris 8) : sylvie.kleiman-lafon@univ-paris8.fr

et Caroline Marie (Université Paris 8) : caroline.marie.up8@gmail.com

Les réponses seront envoyées fin octobre 2021.

Les chapitres seront à remettre le lundi 28 février 2022.

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Appel à contributions/CFP – Le Musée dans la maison: la littérature d’intérieur / Literary Museums at Home: Literature Indoors

Dans le cadre du projet MuséaLitté, nous invitons des contributions qui explorent les différentes formes d’exposition et d’appropriation de la littérature dans le cadre domestique ou intime de la maison selon des approches diverses : études littéraire, histoire de l’art, sociologie de l’art, histoire des idées, etc. Alors que les maisons-musées se développent et attirent un public varié et toujours plus nombreux, il semble pertinent de nous interroger sur les rapports entre le musée et la maison : les musées nous habitent-ils autant que nous les visitons ? comment informent-ils nos habitats ? en quoi affectent-ils nos pratiques et nos habitudes ? quand, pourquoi faire un musée dans sa maison, voire un musée de sa maison ? Enfin, que nous disent ces musées littéraires d’intérieur sur ce qu’est la littérature, ce qu’elle fait, ce que nous en faisons ?

Certaines pratiques quotidiennes constituent des formes de médiatisation muséale de la littérature. La décoration et le design, la vaisselle, la mode et le vestiaire, l’affichage de certaines marques, voire le déguisement, sans oublier le jeu de société ou le jouet d’enfant, peuvent être considérés comme autant de modalités d’inscription du littéraire dans la maison. Ne peut-on alors considérer que la maison constitue une forme de musée littéraire, un lieu d’exposition intime de la matière littéraire mais également un lieu de production de récit ou de discours sur la littérature ? Le foyer peut également être un lieu de production d’objets inspirés par la littérature, notamment dans certaines pratiques à la frontière entre ouvrage et œuvre, art et artisanat—pensons aux samplers, au patchwork, à la broderie et autres ouvrages de dames inspirés par des textes littéraires, mais également aux pratiques artistiques, artisanales ou de loisirs qui prennent pour matériau le texte, le livre, voire l’iconotexte ou l’illustration, du scrapbooking à l’art brut en passant par la décoration ou les cartons pour tapisseries ou toiles. On pourra s’intéresser à ces pratiques à la croisée de la maison, du musée et de l’atelier autant qu’aux guides et aux sites internet qui les présentent et les rendent accessibles au plus grand nombre, de même qu’à l’utilisation du matériau littéraire dans l’art—pensons aux portraits d’auteurs retravaillés et aux livres modifiés, sculptés, ou dont les pages servent de support à des formes d’art graphique.

La littérature et le littéraire peuvent en outre constituer des thèmes de collection, voire des objets de culte ou de fétichisme. On pourra s’intéresser à toutes les formes de bibliomanie, de l’édition rare au livre dédicacé en passant par la collection éditoriale. De même, l’autel au cœur de la maison constitué d’une accumulation de produits dérivés comme autant de fétiches littéraires exposés se reconfigure selon une logique de musée. Les contributions pourront étudier le phénomène de la collection à thème littéraire ou les objets eux-mêmes, médaillons portraits avec ou sans citation, photographies, bustes, gravures, masques mortuaires d’écrivains, de même que les pratiques culturelles et les stratégies qui visent à faire entrer la littérature dans la maison par l’intermédiaire des missels, des livres d’étrennes, des encyclopédies ou des livres de prix. La question de la valeur de la littérature, à travers ces objets parfois insolites, voire apocryphes, leur circulation via les salles de ventes, ou d’autres circuits de collectionneurs, et de la matière littéraire que toutes ces relations à l’objet posent pourra également être analysée.

Cette dualité du paysage littéraire domestique à la fois espace de mise en scène du littéraire et espace de production de la littérature, qui renvoie au deux corps de l’écrivain comme Ernst Kantorowicz théorise les deux corps du roi (« the authors’s double body », voir Nicola Watson, The Author’s Effect : On Writer’s House Museums